Publication: La philosophie hors de ses gonds. Logique, déraison et violence: la rationalisation de la folie chez Sade à Tamoé dans Aline et Valcour.
Authors
Mora, Alexandre
item.page.secondaryauthor
item.page.director
Publisher
Universidad de Murcia, Servicio de Publicaciones.
publication.page.editor
publication.page.department
DOI
https://doi.org/10.6018/analesff.653691
item.page.type
info:eu-repo/semantics/article
Description
Abstract
En Aline y Valcour, su novela epistolar libertina publicada en 1793, Sade yuxtapone dos pornodistopías: el infernal reino de Ben Maâcoro –señor de Butua, una ciudad antropófaga– frente a la encantadora isla de Tamoe, gobernada por Zamé, un europeo que la ha fortificado. Aunque ama con fervor a su pueblo, este rey ha creado una sociedad despojada de toda pasión: el semen, la saliva, las lágrimas y la sangre están absolutamente prohibidos en esta isla maravillosa, modelo de moderación y mesura, donde la estricta regulación social se basa en el rechazo absoluto de la locura, contemplada desde afuera como una crítica a las sociedades europeas. La locura de este gobernante, que aspira a construir un Estado de control y pureza moral, se transforma en un sistema perverso y una lógica perniciosa que, bajo la apariencia de una felicidad absoluta, no hace sino aniquilar las pasiones individuales. Así, el ideal de razón tan ensalzado por Zamé, mientras da rienda suelta a su propia locura, nos plantea una cuestión fundamental: ¿es una sociedad totalmente regida por la razón verdaderamente compatible con la libertad y puede aún dejar espacio para la individualidad de las pasiones?
Résumé: Sade, dans Aline et Valcour, son roman épistolaire libertin paru en 1793, juxtapose deux pornodystopies : l’infernal royaume de Ben Maâcoro – seigneur de Butua, une cité anthropophage – à la charmante île de Tamoé, dirigée par Zamé, un européen l’ayant fortifiée. Bien qu’aimant avec ferveur son peuple, ce roi a créé une société exsangue de toute passion : foutre, salive, larme et sang sont absolument proscrits dans cette île merveilleuse modèle de la mesure même et de pondération où la régulation sociale stricte passe par le rejet absolu de la folie, étant vue de l’extérieur comme une critique des sociétés européennes. La folie de ce dirigeant, aspirant à bâtir État de contrôle et de pureté morale, se mue en un système pervers et une logique pernicieuse qui, sous le masque d’un bonheur absolu, ne fait qu’annihiler les passions individuelles. Dès lors l’idéal de raison que plébiscite tant Zamé, tout en donnant libre cours à sa propre folie, nous interroge : une société totalement régie par la raison est-elle véritablement compatible avec la liberté et peut-elle encore laisser de la place à l’individualité des passions?
Abstract: In Aline and Valcour, his libertine epistolary novel published in 1793, Sade juxtaposes two pornodystopias: the infernal kingdom of Ben Maâcoro – lord of Butua, a city of cannibals – against the charming island of Tamoé, ruled by Zamé, a European who fortified it. Although he fervently loves his people, this king has created a society drained of all passion: semen, saliva, tears, and blood are absolutely forbidden on this marvellous island, which embodies moderation and restraint, where strict social regulation is ensured through the absolute rejection of madness, seen from the outside as a critique of European societies. This ruler aspires to build a State of control and moral purity, and his madness turns into a perverse system and a pernicious logic that, under the guise of absolute happiness, ultimately annihilates individual passions. Thus, the ideal of reason so highly praised by Zamé, while he simultaneously indulges in his own madness, raises a fundamental question: is a society entirely governed by reason truly compatible with freedom, and can it still allow room for the individuality of passions?
Résumé: Sade, dans Aline et Valcour, son roman épistolaire libertin paru en 1793, juxtapose deux pornodystopies : l’infernal royaume de Ben Maâcoro – seigneur de Butua, une cité anthropophage – à la charmante île de Tamoé, dirigée par Zamé, un européen l’ayant fortifiée. Bien qu’aimant avec ferveur son peuple, ce roi a créé une société exsangue de toute passion : foutre, salive, larme et sang sont absolument proscrits dans cette île merveilleuse modèle de la mesure même et de pondération où la régulation sociale stricte passe par le rejet absolu de la folie, étant vue de l’extérieur comme une critique des sociétés européennes. La folie de ce dirigeant, aspirant à bâtir État de contrôle et de pureté morale, se mue en un système pervers et une logique pernicieuse qui, sous le masque d’un bonheur absolu, ne fait qu’annihiler les passions individuelles. Dès lors l’idéal de raison que plébiscite tant Zamé, tout en donnant libre cours à sa propre folie, nous interroge : une société totalement régie par la raison est-elle véritablement compatible avec la liberté et peut-elle encore laisser de la place à l’individualité des passions?
Abstract: In Aline and Valcour, his libertine epistolary novel published in 1793, Sade juxtaposes two pornodystopias: the infernal kingdom of Ben Maâcoro – lord of Butua, a city of cannibals – against the charming island of Tamoé, ruled by Zamé, a European who fortified it. Although he fervently loves his people, this king has created a society drained of all passion: semen, saliva, tears, and blood are absolutely forbidden on this marvellous island, which embodies moderation and restraint, where strict social regulation is ensured through the absolute rejection of madness, seen from the outside as a critique of European societies. This ruler aspires to build a State of control and moral purity, and his madness turns into a perverse system and a pernicious logic that, under the guise of absolute happiness, ultimately annihilates individual passions. Thus, the ideal of reason so highly praised by Zamé, while he simultaneously indulges in his own madness, raises a fundamental question: is a society entirely governed by reason truly compatible with freedom, and can it still allow room for the individuality of passions?
Citation
Mora, A. (2025). "La philosophie hors de ses gonds". Logique, déraison et violence: la rationalisation de la folie chez Sade à Tamoé dans Aline et Valcour. Anales De Filología Francesa, 33. https://doi.org/10.6018/analesff.653691
item.page.embargo
Collections
Ir a Estadísticas
Este ítem está sujeto a una licencia Creative Commons. http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/